Campagne du ministère sur le plan licence : polémique ?
Mardi 21 oct 2008 | Campagnes
La dernière campagne de communication du ministère de l’enseignement supérieur ne plait pas à tout le monde. Valérie Pécresse l’avait affirmé avant l’été: elle allait communiquer sur le plan licence. Objectif : faire savoir que l’Etat s’impliquait et mettait des moyens pour lutter contre l’échec à l’université.
En cette rentrée, ce sont donc un « guide pratique pour les étudiants » et une affiche qui ont été diffusés.
L’affiche représente un amphithéâtre à moitié vide où les étudiants présents, peu enjoués, dessinent un « 50% ». L’accroche: « aujourd’hui 50% des étudiants disparaissent dès la première année d’université. Le plan « réussir en licence » pour en finir avec l’échec ». Et dans un cartouche en bas de l’affiche :
« Désormais, la première année pose les fondements de la réussite universitaire : méthodologie, culture générale, enseignant-référent… Retrouvez toutes les mesures du plan « réussir en licence » dans le Guide de la rentrée surwww.etudiant.gouv.fr »
C’est le conseil d’administration de l’université de Bourgogne qui est monté au créneau pour dénoncer « Un coup de couteau dans le dos. » (source L’ ORS) La cause ? La tonalité négative qui se dégage de la campagne de communication et qui, selon eux, va à l’encontre des efforts des universités pour changer leur image.
Amphi sombre, à moitié vide,… l’amphithéâtre étant parfois le symbole de l’anonymat dans lequel les étudiants se sentent plongés une fois dans l’enseignement supérieur….visuellement cette affiche est empreinte d’une tonalité grave. Son message est d’importance mais en utilisant les échecs de l’université comme faire-valoir du plan gouvernemental, il y avait de fortes chances que les établissements ne sentent pas valorisés. Alors, erreur de communication selon vous ou message adéquat ?
A lire également :
4 Commentaires à Campagne du ministère sur le plan licence : polémique ?
Erreur de communication !
Ce n’est pas forcément mon créneau, et je ne défendrai pas cet avis bec et ongle, mais de ma petite expérience, je retire ceci. Le problème de l’échec en licence n’est pas du vraiment à la formation, mais plutôt aux petits rigolos qui s’y inscrivent. En licence, j’ai rencontré un paquet de personnes qui étaient là :
– parce qu’elles ne savaient pas quoi faire comme étude (et cela a l’air d’être encore plus le cas dans les UFR de lettres !)
– parce qu’elles n’avaient pas réussi à intégrer d’école privée (j’étais inscrit en sciences).
Du coup ouais, dans le lot, il y en a pas mal qui n’en avait vraiment rien à péter des cours, et pas mal qui se sont vides rendu compte qu’ils s’étaient trompés de voie. Du coup ouais, dans le lot, il y en a pas mal qui se sont plantés (dont pas mal qui ne se sont pas présentés aux examens). Si on retire tous ceux là de la liste des étudiants, on est à mon humble avis très loin des 50 % d’échec, et on doit approcher des scores un peu plus normaux (certes, probablement pas au niveau d’une école privée, mais la formation est bien différente).
Le plan licence, pour être efficace, ferait mieux de se consacrer à l’orientation des lycéens :
– arrêter de leur faire croire que l’université mène au chômage et est un repaire de loser. Pour éviter d’attirer tous ceux qui en fait, ne savent pas trop quoi faire (perso ils ne me gênent pas, au contraire, et je suis ravis qu’ils puissent s’inscrire dans une formation même s’ils ne vont pas jusqu’au bout, mais dans ce cas-là on n’attend pas d’eux qu’ils réussissent).
– arrêter de leur présenter l’université comme une école supérieure au rabais.
– leur présenter ce que l’on apprend *vraiment* à l’université (genre, une méthodologie de travail intelligente, mais finalement, beaucoup moins de connaissance brute que dans une école d’ingé — mais qui enseignent aux ingénieurs ? — pas des ingénieurs).
– leur expliquer que, même à l’université, s’ils veulent un diplôme, il faudra travailler un peu. Que les étudiants ne sont pas une bande de paresseux (et puis, même s’ils ne font pas le crochet par l’université, s’ils pouvaient l’expliquer à leurs ainés ça nous ferait pas mal de bien).
Erreur de communication, donc
21 octobre 2008
en partant de l’hypothèse que les Universités, via une instance comme la CPU, par exemple, n’ont pas été « consultées », erreur de communication auprés de ces mêmes établissement, à mon humble avis …
22 octobre 2008
Je rejoins le premier commentaire sur certains points : par exemple de mon temps, les gens de prépas s’inscrivaient aussi en DEUG « au cas où », donc forcément ces gens-là ne passaient pas les exams.
Néanmoins, pour avoir moi-même enseigné en L1 en physique dans une grande université parisienne, force est de constater qu’il y a un vrai problème de niveau. Les bons sont bons, mais les moins bons sont vraiment moins bons, et il y a vraiment beaucoup d’étudiants qui sont complètement paumés. En fait, il y avait juste beaucoup d’étudiants qui n’avaient pas le niveau, notamment en maths. Je ne sais pas ce qu’il faudrait faire, mais des cours de soutien et de remise à niveau ne seraient pas un luxe.
Au fil du temps, on avait essayé de « structurer » un peu les choses pour que les étudiants se sentent soutenus : par exemple on avait organisé des oraux. Un truc qui existe aux US et qui n’existe pas en France à ma connaissance : les « office hours » hebdomadaires pendant lesquelles les professeurs reçoivent les étudiants qui peuvent venir poser des questions. Mais tout cela suppose des moyens …
[...] ton du mesr lui-même à changé. En 2008, au moment du lancement de la réforme des universités, la communication était « négative » et insistait sur les points de faiblesse de [...]
Laisser un commentaire
Xavier: Bonjour, Je me permets de vous faire remarquer que c’est le...
Jérémy: HETIC devrait avoir sa place sur ce classement avec 1200 followers
Audrey: Vous avez qd même oublié l’X (1472 abonnés) qui devrait être en...









21 octobre 2008