Je vais bien, tout va bien
Mardi 10 nov 2009 | Politique
Pendant le mouvement qui a secoué l’université française l’an dernier, le blog de Sylvestre Huet était clairement partisan. Aujourd’hui une de ses notes me laisse songeur : une analogie entre le degré de mobilisation d’une université et le nombre croissant d’étudiants qui a rejoint ses bancs (A Paris-1, université gréviste, record d’inscriptions).
C’est une note qui met mal à l’aise parce qu’elle s’arrête à la surface des choses. Le titre laisse d’abord penser que plus les blocages et la grève ont été durs et longs plus les étudiants affluent à la rentrée suivante. Les mauvais esprits ne manqueront pas de faire remarquer que l’étudiant, feignant par nature, envisage avec beaucoup plus d’appétit l’inscription dans un établissement qui va lui laisser plein de temps libre et lui délivrer ses examens sans trop de difficultés. Les opposants à la LRU seront pour leur part rassérénés : le service public a encore de beaux jours devant lui, attractives, les universités en lutte ont contribué à réveiller l’amour et l’attachement du service public dans la population, en masse elle s’inscrit à l’université. Et l’auteur de conclure que l’attractivité des universités « demeure très puissant ».
Sylvestre Huet s’est intéressé à l’université Paris 1, mais d’autres universités ont connu une légère embellie de leurs inscriptions en cette rentrée. Du coup, certains médias en ont tiré une conclusion un peu hâtive : « Le long blocage de l’université de Rennes 2 par les étudiants grévistes ne semble pas avoir altéré l’image de l’établissement au point d’entrainer la chute des inscriptions. » (le télégramme)
Sylvestre Huet comme d’autres journalistes oublient pourtant une troisième voie : et si les étudiants s’inscrivaient à l’université en dépit de son image ? Et si le nombre d’étudiants inscrits à la rentrée n’était pas un facteur suffisant pour mesurer la bonne image d’un établissement ? Une bonne cuvée 2009 au bac après une année 2008 de décrue, un contexte de crise qui pousse à l’inscription dans l’enseignement supérieur pour son statut sécurisant, des frais d’inscription modestes au regard de ce que pratiquent beaucoup d’établissements privés, un choix de formation très vaste et une exclusivité sur certaines filières…. les raisons qui poussent à l’inscription en université sont nombreuses., Elles incluent également la bonne réputation de certains parcours de formation et la qualité des diplômes délivrés. Mais l’enthousiasme et l’envie sont rarement des critères incontournables pour les universités lorsqu’il s’agit d’accueillir de nouveaux étudiants.
Sur les motivations des étudiants, il existe une manière très simple d’être fixé. Plutôt que d’échafauder des théories en traçant des parallèles entre le nombre de journées de grêve déclarés et le nombre de nouveaux inscrits, pourquoi ne pas demander tout simplement aux étudiants ce qu’ils pensent de l’image de leur université ?
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6 Commentaires à Je vais bien, tout va bien
Je vais bien, tout va bien: Pendant le mouvement qui a secoué l’université française l’an dernier, le blog de … http://bit.ly/EPlWQ
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10 novembre 2009
On peut peut-être aussi regarder le taux d’ »évaporation » …
10 novembre 2009
C’est exactement ce que dit Marc Gontard (président de l’université Rennes 2 ) dans l’article du télégramme : « Nous avons enregistré une augmentation de 3% des étudiants qui n’ont pas participé aux examens »
10 novembre 2009
Je retrouve là le ton de Toujours Plus! Allez hop et un tweet et un share sur Facebook!!!
10 novembre 2009
@Théo j’ai craqué, et ça va continuer…
17 novembre 2009
@Jean_no que les étudiants ont très mal vécu le mouvement l’an dernier n’est pas partagé par tous : http://bit.ly/4muepX
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10 novembre 2009